Les jeux risqués : Pourquoi les enfants les adorent et en ont besoin (par Dr. Peter Gray) 5


Afin de protéger nos enfants, nous devons les autoriser à jouer de manière « risquée ».

Avant-propos

Ce qui suit est un article de Dr. Peter Gray, publié sur Psychology Today (l’article original est disponible ici) le 7 avril 2014.

Dr. Peter Gray est professeur et chercheur à Boston College. Il est l’auteur de Free to Learn: Why Unleashing the Instinct to Play Will Make Our Children Happier, More Self-Reliant, and Better Students for Life, (Basic Books, 2013), et de Psychology (Worth Publishers, un manuel d’université dans sa septième édition). Il a conduit et publié des études en psychologie comparative, évolutionnaire, développementale et éducative. Il est diplômé de l’Université de Columbia et a obtenu son doctorat en biologie à la Rockefeller University. Son travail actuel se concentre principalement sur les moyens d’apprentissage naturels des enfants et la valeur à long terme du jeu.
Je tiens à remercier le Dr. Gray pour son aimable autorisation de publier ma traduction de son article sur ce blog.

L’article

On pourrait penser que la peur est une expérience négative à éviter tant que possible. Pourtant, comme le sait toute personne qui a un enfant ou qui en a jadis été un, les enfants adorent jouer de façon dangereuse – des façons qui combinent la joie de la liberté avec juste ce qu’il faut de peur pour produire le mélange grisant qu’on appelle le frisson.

Six catégories de jeu risqué

Ellen Sandseter, professeur à l’Université Dronning Mauds Minne à Trondheim en Norvège, a identifié six catégories de dangers qui, partout, semblent attirer les enfants dans leurs jeux 1Sandseter, E. (2011). Children’s risky play from an evolutionary perspective. Evolutionary Psychology, 9, 257-284.. Ces catégories sont les suivantes :

  • Les hauteurs. Les enfants grimpent aux arbres et à d’autres structures jusqu’à atteindre des hauteurs effrayantes, desquelles ils ont une vue plongeante sur le monde et qui leur offrent un sentiment exaltant de réussite.
  • La vitesse. Les enfants se balancent aux lianes, cordes ou balançoires, glissent sur des luges, des skis, des patins ou des toboggans, descendent les rivières sur des bûches ou des bateaux, roulent à vélo, sur des skateboards et tout autre dispositif suffisamment rapide pour produire cette excitation mais sans vraiment perdre contrôle.
  • Les outils dangereux. Selon la culture, les enfants jouent avec des couteaux, des arcs et des flèches, la machinerie agricole (où se combinent le travail et le jeu) ou d’autres outils identifiés comme étant potentiellement dangereux. Il y a bien sûr une grande satisfaction à se voir donner la confiance de manipuler de tels outils, mais il y a aussi une certaine excitation à les contrôler en sachant qu’une erreur pourrait faire mal.
  • Les éléments dangereux. Les enfants adorent jouer avec le feu ou dans et près de profondes étendues d’eau, tandis que les deux constituent un certain danger.
  • La bagarre. Partout, les enfants se poursuivent les uns les autres et se battent pour jouer, et il est typique qu’ils préfèrent se trouver dans la position la plus vulnérable – celle d’être poursuivi ou d’être en position plus faible dans la lutte – la position qui implique le plus de risque de se blesser et nécessite le plus d’adresse pour être surmontée.
  • Disparaître/se perdre. Les petits enfants jouent à cache-cache et y éprouvent le frisson de la séparation temporaire et effrayante de leurs compagnons. Les plus grands partent à l’aventure, seuls, loin des adultes, dans des territoires qui sont pour eux nouveaux et plein de dangers imaginaires, dont le danger de se perdre.

La valeur évolutionnaire du jeu risqué

D’autres jeunes mammifères apprécient le jeu risqué 2Spinke, M., Newberry, R., & Bekoff, M. (2001). Mammalian play: Training for the unexpected. The Quarterly Review of Biology, 76, 141-168.. Les chevreaux gambadent dans des pentes ardues et bondissent maladroitement d’une façon qui rendent l’atterrissage difficile. Les jeunes singes se balancent joyeusement dans les arbres, de branche en branche, suffisamment éloignées pour constituer un défi, et suffisamment hautes pour que la chute puisse les blesser. Les jeunes chimpanzés aiment à se laisser tomber de hautes branches et à se rattraper à des branches plus basses avant de toucher le sol. Les jeunes mammifères de la plupart des espèces, pas seulement la nôtre, passent beaucoup de temps à se poursuivre les uns les autres et à jouer à se battre ; eux aussi préfèrent généralement les positions les plus vulnérables.

D’une perspective évolutionnaire, la question évidente au sujet du jeu risqué est la suivante : pourquoi existe-t-il ? Il peut causer des blessures (bien que les blessures graves soient rares) et même (très rarement) la mort, alors pourquoi la sélection naturelle ne l’a-t-elle pas éliminé ? Le fait qu’il n’ait pas été éliminé prouve que ses avantages doivent compenser ses risques. Quels sont ces avantages ? Des études en laboratoire avec des animaux nous donnent quelques indices.

Les chercheurs ont trouvé des moyens de priver de jeunes rats de jeu pendant une phase critique de leur développement sans les priver d’autres expériences sociales. Les rats élevés de cette manière sont devenus émotionnellement handicapés 3e.g. Pellis,S., & Pellis, V. (2011).  Rough and tumble play: Training and using the social brain.  In A. D. Pelligrini (Ed.), The Oxford handbook of the development of play, 245-259. Oxford University Press., 4LaFreniere, P. (2011). Evolutionary functions of social play: Life histories, sex differences, and emotion regulation.  American Journal of Play, 3, 464-488.. Quand on les plaçait dans un nouvel environnement, ils agissaient avec une peur exagérée et étaient incapables de s’adapter et d’explorer de la même manière qu’un rat normal. Quand on les plaçait en présence d’un pair inconnu, ils pouvaient alterner entre geler sur place de peur et se laisser aller dans un comportement inapproprié, inefficace et agressif. Des expériences antérieures ont montré des résultats similaires quand de jeunes singes étaient privés de jeu (bien que les mesures de contrôle de ces expériences ne fussent pas aussi bonnes que dans les expériences menées sur les rats).

De telles découvertes ont contribué à la théorie de la régulation des émotions par le jeu (NdT : « emotion regulation theory of play » en anglais) – la théorie selon laquelle l’une des fonctions principales du jeu est de permettre aux jeunes mammifères d’apprendre à réguler la peur et la colère 5LaFreniere, P. (2011). Evolutionary functions of social play: Life histories, sex differences, and emotion regulation.  American Journal of Play, 3, 464-488.. Dans le jeu risqué, les jeunes se prescrivent eux-mêmes des doses acceptables de peur et s’entraînent à rester calmes et à se comporter normalement tout en ressentant cette peur. Ils apprennent qu’ils peuvent gérer cette peur, la surmonter et en sortir vivants. En jouant à la bagarre, ils peuvent aussi ressentir de la colère, étant donné qu’un joueur peut accidentellement en blesser un autre. Mais afin de continuer à jouer, pour continuer à s’amuser, ils doivent surmonter cette colère. S’ils s’en prennent l’un à l’autre, le jeu se terminera. Donc, d’après la théorie de la régulation des émotions, le jeu est, entre autres choses, le moyen qu’on les jeunes mammifères d’apprendre à contrôler leur peur et leur colère de manière à pouvoir affronter les dangers de la vie réelle, et interagir en contact étroit avec d’autres personnes, sans succomber aux émotions négatives.

Les conséquences néfastes de la privation de jeu dans notre culture actuelle

Sur base d’une telle étude, Sandseter 6Sandseter, E. (2011). Children’s risky play from an evolutionary perspective.  Evolutionary Psychology, 9, 257-284. a écrit dans un article de 2011 dans le journal Evolutionary Psychology : « Nous pourrions observer une augmentation du névrosisme et de la psychopathologie dans la société si les enfants ne pouvaient pas participer à un jeu risqué adéquat par rapport à leur âge ». Elle écrit cela comme une prédiction pour le futur, mais j’ai examiné des données – dans Free to Learn et ailleurs 7Gray, P. (2011). The decline of play and the rise of psychopathology in childhood and adolescence. American Journal of Play, 3, 443–463. –  indiquant que ce futur est déjà arrivé, et ce depuis un certain temps.

En bref, les preuves sont les suivantes. Ces soixante dernières années, nous avons assisté dans notre culture à un déclin continu et graduel mais fondamentalement dramatique des opportunités pour les enfants de jouer librement, sans contrôle de la part d’adultes et, surtout, de jouer de manière risquée. Au cours de ces soixante années, nous avons aussi assisté à une augmentation continue et graduelle mais fondamentalement dramatique de toutes sortes de troubles mentaux, et en particulier de troubles émotionnels.

Regardons à nouveau cette liste de six catégories de jeu risqué. Dans les années 1950, même les jeunes enfants jouaient régulièrement de toutes ces manières et les adultes autorisaient et s’attendaient à ce genre de jeux (même s’ils n’en étaient pas toujours contents). Aujourd’hui, les parents qui autorisent de tels jeux sont régulièrement accusés de négligence par leurs voisins, si pas par les autorités gouvernementales.

Voici quelques exemples – une digression certes nostalgique – de mes propres jeux, en tant qu’enfant dans les années 1950 :

  • À 5 ans, je partais à l’aventure à vélo avec mon amie de 6 ans à travers tout le village dans lequel je vivais, et dans le campagne environnante. Nos parents nous donnaient quelques limites quant à l’heure à laquelle nous devions être de retour, mais ils ne restreignaient pas notre champ de mouvement (et bien sûr, nous n’avions pas de téléphones portables à l’époque, aucun moyen de contacter qui que ce soit si on se perdait ou si on se blessait).
  • À partir de 6 ans, comme tous les autres garçons que je connaissais, j’avais sur moi un couteau de poche. Nous ne l’utilisions pas que pour tailler du bois, mais aussi pour des jeux qui impliquaient de lancer des couteaux (jamais vers les autres).
  • À l’âge de 8 ans, je me souviens que mes amis et moi passions nos heures de récréation et de repas de midi à faire de la lutte dans la neige ou dans l’herbe d’une pente ardue près de l’école. Nous avions des tournois que nous arrangions nous-mêmes. Aucun professeur ou autre adulte ne prêtait attention à nos combats ou du moins ils ne sont jamais intervenus.
  • Quand j’avais 10 et 11 ans, mes amis et moi partions en excursion en patins ou à ski pendant des journées entières, sur le lac de 8km de long qui bordait notre village du nord du Minnesota. Nous avions des allumettes sur nous et nous nous arrêtions parfois sur des îles pour faire des feux et nous réchauffer, en faisant semblant d’être des courageux explorateurs.
  • Aussi à 10 et 11 ans, j’étais autorisé à opérer la grande et dangereuse presse à imprimer manuelle de l’imprimerie où mes parents travaillaient. En fait, je prenais souvent congé de l’école les jeudis (en 5ème et en 6ème année) pour imprimer le journal hebdomadaire de la commune. Pour autant que je sache, les professeurs et le directeur ne se sont jamais plaints. Je pense qu’ils savaient que j’apprenais des leçons plus importantes à l’imprimerie que je n’aurais pu apprendre à l’école.

Ce genre de comportement était classique dans les années 1950. Mes parents étaient peut-être un petit peu plus confiants et tolérants que la plupart des autres parents, mais pas de beaucoup. Quelle part de tout ça serait acceptable pour la plupart des parents et autres autorités adultes aujourd’hui ? Voici une indication de la distance qu’on a prise : dans une enquête récente de plus de mille parents au Royaume Uni, 43% trouvaient que les enfants de moins de 14 ans ne devraient pas être autorisés à sortir sans supervision et la moitié de ceux-ci trouvaient qu’ils ne devraient pas se voir accorder telle liberté avant l’âge de 16 ans au moins 8Cité dans Burssoni, M., Olsen, L., Pike, I., & Sleet, D. (2012).  Risky play and children’s safety: Balancing priorities for optimal development.  International Journal of Environmental Research and Public Health, 9, 3134-3148.!

Je suppose que nous aurions plus au moins les mêmes résultats si cette enquête avait été menée aux États-Unis. Des aventures qui étaient normales pour des enfants de 6 ans ne sont aujourd’hui même plus autorisées pour de nombreux adolescents.

Comme je l’ai dit, à travers la même période pendant laquelle nous avons vu un déclin si dramatique de la liberté de jeu des enfants, et en particulier de leur liberté de prendre des risques, nous avons vu une augmentation tout autant dramatique de toutes sortes de troubles mentaux infantiles. On en a la meilleure preuve via l’analyse des résultats de questionnaires d’évaluation clinique standard qui ont été donnés à des groupes normatifs d’enfants et de jeunes adultes sous une forme constante au fil des décennies 9Gray, P. (2011). The decline of play and the rise of psychopathology in childhood and adolescence. American Journal of Play, 3, 443–463.. Une telle analyse révèle que cinq à huit fois plus de jeunes personnes souffrent aujourd’hui de niveaux d’anxiété et de dépression significatifs sur le plan clinique, selon les normes actuelles, que dans les années 1950. Le déclin de la liberté des enfants à prendre des risques a été continu et graduel, tout comme l’augmentation des psychopathologies infantiles.

L’histoire est à la fois ironique et tragique. Nous privons les enfants de jeu libre et de risque, prétendument pour les protéger du danger, mais ce faisant nous les condamnons aux dépressions nerveuses. Les enfants sont conçus par nature pour s’enseigner la résilience émotionnelle en jouant de manière risquée et provoquant des émotions. À long terme, nous les mettons bien plus en danger en empêchant ce genre de jeux qu’en les autorisant. Et on les prive de plaisir.

Pour être sûr, le jeu doit être libre, pas contraint, géré ou poussé par des adultes

Les enfants sont fortement motivés à jouer de manière risquée, mais ils connaissent aussi très bien leurs propres capacités et sont très capables d’éviter les risques qu’ils ne sont pas prêts à prendre, physiquement ou émotionnellement. Nos enfants savent bien mieux que nous ce pour quoi ils sont prêts. Quand des adultes leur mettent la pression ou même les encouragent à prendre des risques pour lesquels ils ne sont pas prêts, il peut en résulter un traumatisme au lieu d’une excitation. Il y a de grandes différences entre enfants, même entre ceux qui sont similaires en âge, en taille et en force. Ce qui est excitant pour l’un est traumatique pour l’autre. Quand des professeurs d’éducation physique attendent de tous les enfants d’une classe de gym de grimper à une corde ou à un mât jusqu’au plafond, certains enfants pour qui le défi est trop élevé le vivent comme un traumatisme et ressentent de la honte. Au lieu de les aider à apprendre à grimper et à éprouver la hauteur, l’expérience les détourne pour toujours de ce genre d’aventures. Les enfants savent comment bien doser la peur, pour eux-mêmes. Et pour que cette compétence puisse opérer, ils doivent être responsables de leur propre jeu. [Entre parenthèses, je note qu’un pourcentage relativement faible d’enfants sont sujets à surestimer leurs capacités et se blessent régulièrement en pratiquant les jeux risqués. Ces enfants peuvent avoir besoin d’aide dans l’apprentissage de la retenue.

C’est un fait ironique que les enfants sont bien plus susceptibles de se blesser dans des sports dirigés par des adultes que dans leurs propres jeux choisis librement et auto-dirigés. C’est parce que l’encouragement des adultes et la nature compétitive des sports mènent les enfants à prendre des risques – tant de se blesser que de blesser les autres – qu’ils ne choisiraient pas de prendre en jeu libre. C’est aussi parce que dans ces sports, ils sont encouragés à se spécialiser et ainsi à abuser de certains muscles et articulations spécifiques. D’après les dernières données des Centres Américains pour le Contrôle et la Prévention des Maladies (« U.S. Centers for Disease Control and Prevention »), plus de 3,5 millions d’enfants de moins de 14 ans par an reçoivent des soins médicaux pour des blessures sportives. Ça fait à peu près 1 sur 7 enfants impliqués dans les sports pour les jeunes. La médecine du sport pour les enfants est devenue un grand business. Et ce, grâce aux adultes qui encouragent les jeunes lanceurs à lancer la balle de baseball si fort et si souvent qu’ils se cassent les coudes. Grâce aussi aux adultes qui encouragent les jeunes joueurs de football américain à frapper si fort qu’ils se font des commotions ou les jeunes nageurs à s’entraîner si souvent et si dur qu’ils endommagent leurs épaules au point d’avoir besoin d’une intervention chirurgicale. Les enfants qui jouent pour le plaisir se spécialisent rarement (ils apprécient la diversité dans le jeu) et arrêtent quand ça fait mal ou changent la façon dont ils jouent. Aussi, parce que c’est juste pour le plaisir, ils font attention à ne pas faire mal à leurs camarades de jeu. Les adultes, tout absorbés qu’ils sont par l’idée de gagner et peut-être l’espoir d’une bourse sport-études, entravent les moyens naturels d’éviter les dégâts 10Pour un excellent livre sur les dégâts que causent les adultes aux enfants dans les sports de jeunesse, voir Mark Hyman’s Until It Hurts..

Ainsi nous protégeons les enfants de leurs propres jeux excitants, qu’ils choisissent eux-mêmes, parce que nous les croyons dangereux alors qu’ils ne sont en fait pas si dangereux et qu’ils présentent des avantages qui compensent leurs dangers. Puis, nous encourageons les enfants à se spécialiser dans un sport compétitif dans lequel les dangers de blessure sont vraiment assez élevés. Il est temps de réexaminer nos priorités.

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Quelles ont été vos expériences et observations concernant les jeux risqués des enfants ? Comment jouiez-vous, enfant ? Comment jouent vos enfants ? Autorisez-vous vos enfants à jouer librement des manières décrites par Sandseter ? Si oui, comment gérez-vous la pression sociale à son encontre ? Ce blog est un forum de discussion et nous apprécions et traitons avec respect vos histoires, commentaires et questions. Comme toujours, je préfère que vous envoyiez vos réflexions et questions ici plutôt que de me les envoyer par e-mail privé. En les mettant ici, vous partagez avec d’autres lecteurs, pas juste avec moi. Je lis tous les commentaires et j’essaye de répondre à toute question sérieuse, si j’ai le sentiment d’avoir quelque chose d’utile à dire. (NdT : Ce petit paragraphe est de Peter Gray mais j’ai choisi de le traduire également parce que je rejoins ce qu’il dit, dans le cadre du blog de l’École Autonome également. J’ajouterai que je préfère aussi que les réflexions se passent ici plutôt que sur Facebook, afin d’en garder une trace à partager avec tous.)

Peter Gray
Traduction d’Antoine Guenet

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Notes   [ + ]

1. Sandseter, E. (2011). Children’s risky play from an evolutionary perspective. Evolutionary Psychology, 9, 257-284.
2. Spinke, M., Newberry, R., & Bekoff, M. (2001). Mammalian play: Training for the unexpected. The Quarterly Review of Biology, 76, 141-168.
3. e.g. Pellis,S., & Pellis, V. (2011).  Rough and tumble play: Training and using the social brain.  In A. D. Pelligrini (Ed.), The Oxford handbook of the development of play, 245-259. Oxford University Press.
4, 5. LaFreniere, P. (2011). Evolutionary functions of social play: Life histories, sex differences, and emotion regulation.  American Journal of Play, 3, 464-488.
6. Sandseter, E. (2011). Children’s risky play from an evolutionary perspective.  Evolutionary Psychology, 9, 257-284.
7, 9. Gray, P. (2011). The decline of play and the rise of psychopathology in childhood and adolescence. American Journal of Play, 3, 443–463.
8. Cité dans Burssoni, M., Olsen, L., Pike, I., & Sleet, D. (2012).  Risky play and children’s safety: Balancing priorities for optimal development.  International Journal of Environmental Research and Public Health, 9, 3134-3148.
10. Pour un excellent livre sur les dégâts que causent les adultes aux enfants dans les sports de jeunesse, voir Mark Hyman’s Until It Hurts.

A propos de Antoine Guenet

Né en 1986. Père, musicien, professeur de musique depuis 10 ans, et beaucoup d'autres choses. Avec mon épouse Susan, j'ai décidé de lancer le projet d'ouvrir une école Sudbury de langue ouverte au centre de la Belgique.


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5 commentaires sur “Les jeux risqués : Pourquoi les enfants les adorent et en ont besoin (par Dr. Peter Gray)

  • Isabelle

    Merci Antoine pour la traduction, cet article est très intéressant. Nous, en tant que parents si nous n’avons pas eu la chance d’apprendre ) gérer nos peurs en prenant les risques dont nous avions besoin pour apprendre, devons apprendre à laisser nos enfants les prendre. Ce n’est pas chose aisée. Cela demande un travail de lâcher-prise important. Une fois la prise de conscience, il me semble que ce travail peut commencer 🙂

  • Julie Garnier

    Bonjour, merci pour cet article. Née en 1981, j’ai moi aussi eu la chance de pouvoir jouer sans surveillance assez souvent et j’ai du mal à imaginer mes enfants faire de même. Je vais réfléchir à ce que je pourrais proposer pour avoir un compromis entre liberté et surveillance de loin…

  • Pinline

    Je comprends le fond de vos idées, mais aucun avantage ne saurait compenser les risques qui existent. A mon sens, un risque de blessure grave voire mortelle, même s’il est minime, doit etre éviter.

    • Antoine Guenet Auteur du billet

      Je comprends votre inquiétude…
      On court un risque de blessure grave voire mortelle à chaque fois qu’on prend la voiture, pourtant on choisit de ne pas l’éviter. Ce qu’on fait, c’est qu’on tente de le minimiser en étant prudent, en apprenant les gestes qui sauvent etc. ll en est de même avec les petits risques quotidiens des enfants et ce que je retire de cet article, entre autres, c’est à quel point les enfants apprennent à se connaître et à juger le danger quand ils sont autorisés à le tester en pleine confiance. Afin d’éviter des blessures graves voire mortelles, justement.
      Ça ne veut pas dire qu’il faut prendre des risques inconsidérés, bien au contraire, mais qu’en général les risques pris par les enfants libres, hors cadre compétitif, sont sagement dosés.

  • Flo R

    Enfant j’étais libre de partir en vélo ou à pieds dans mon village et dans les champs, seule ou avec mon frère, je partais en colonie presque 1 mois l’été, vers 8 ans en colonie j’ai passée mon « permis de canif. » et j’ai pu en acheter un avec les sous que mes parents m’avaient donné et avec leur accord, je passais du temps dans notre grand jardin sans être sous la surveillance constante de mes parents, ado je partais en vélo dans la campagne seule.
    Je suis aujourd’hui maman de 2 enfants qui ont 10 ans 1/2 et 8 ans 1/2. L’aîné me demande d’aller faire des tours en vélo et d’aller rejoindre ses camarades qui habitent à environ 2 k de chez nous, depuis plus d’un an … mais moi j’ai peur. Peur qu’il lui arrive quelque chose, peur qu’il croise le chemin d’un déséquilibré. Moi qui ait eue tant de mal à l’avoir (parcours de la PMA , 5 longues années et un 1er bb mort à 4 mois en moi), je veux le préserver. Mais j’ai décidée de le laisser partir, en ayant un téléphone portable (qui, j’en suis consciente et lui ait expliqué, serait sûrement inutile si il croisait le chemin d’1 malade car en tant qu’enfant il n’aurait pas la force de résister ! ) ça me rassure et lui aussi. Mes 2 enfants passent du temps dans notre jardin sans que je ne sache ce qu’ils font, tout comme je l’ai fait étant enfant. Et dans notre jardin il y a des dangers : plantes toxiques (lauriers roses, muguet), des rosiers avec des épines impressionnantes, des orties. Ils ont parfois des jeux dangereux, par eux-même ou avec des jeux ( arbalète, épées en bois , NERF, etc). Malgré cela je n’ai emmenée mes enfants aux urgences que 4 fois, la première c’était pour ma fille qui s’était ouvert le menton en tombant contre la table de salle à manger, trop haute pour elle…,la 2ème pour mon fils qui se plaignait d’avoir mal au genou, la 3ème au coude, et la dernière ma fille s’était fait mordre au visage par notre chienne.
    Je suis aussi assistante maternelle, et j’ai faillit perdre mes agréments car on cherche à approcher le risque 0 pour les enfants que nous accueillons. Donc mon jardin était déjà clos il y a 10 ans quand j’ai commencée, et l’an dernier j’ai du faire un autre enclos (je ne trouve pas d’autre mot !) car un des murets extérieur mesure 80 cm et le Conseil Départemental et la PMi, qui délivrent les agréments, voulait qu’il mesure minimum 1m20. D’autre part j’ai des lauriers roses et il fallait qu’ils soient hors de portée de main des enfants, et mon jardin est assez grand et je n’ai pas une vue complète sur tout, donc les petits auraient pu être hors de ma vue. Dans la maison c’est la même chose : pas de produits qui pourraient être dangereux à la portée des enfants, avant on pouvait les mettre en hauteur, maintenant il faudrait les mettre sous clef, pas de plantes du tout, fenêtres impossibles à ouvrir par les enfants, escalier avec barrière en bas, comme en haut et pas d’escalier à claire-voie. J’en oublie bien sûr car la liste en longue ! Je me plie puisque ce ne sont pas mes enfants et que je souhaite continuer à faire ce travail.