Retour aux bases (par Daniel Greenberg)


Avant-propos

Ce qui suit est un extrait du livre The Sudbury Valley School Experience, édité par Mimsy Sadofsky et Daniel Greenberg, publié en 1999. Il est aussi disponible en version originale sur le site de Sudbury Valley School (ici).

Daniel Greenberg (né en 1934) est un des fondateurs de l’École Sudbury Valley, qui sert de modèle à l’École Autonome. Il a publié de nombreux livres sur le modèle Sudbury et est régulièrement décrit comme « philosophe principal » parmi les fondateurs de l’école. Il était auparavant professeur de physique et d’histoire à l’Université de Columbia.
Je tiens à remercier les commis aux relations publiques de Sudbury Valley School (Mimsy Sadofsky et Daniel Greenberg) pour leur aimable autorisation de publier mes traductions de leur blog ici.

Kevin Young, via Unsplash

L’article

Pourquoi aller à l’école ?

Pour ceux qui aiment réfléchir aux questions importantes de la vie pour y trouver leurs propres réponses, Sudbury Valley remet en question les réponses présumées.

Les bases intellectuelles

La première phrase qui traverse l’esprit de tout le monde est la suivante : « On va à l’école pour apprendre ». C’est l’objectif intellectuel. Il passe avant tout autre. Tellement que « recevoir une éducation » est devenu synonyme d' »apprendre » (NdT : c’est plus particulièrement le cas en anglais avec l’expression « getting an education ») — c’est un peu limité, c’est sûr, mais ça montre les priorités.

Alors comment se fait-il qu’on n’apprenne pas plus à l’école aujourd’hui ? Pourquoi toutes ces plaintes ? Pourquoi ces dépenses apparemment infinies, pour quand même faire du sur-place ?

La réponse est d’une simplicité embarrassante. Les écoles d’aujourd’hui sont des institutions dans lesquelles « apprendre » est interprété comme « être enseigné ». Vous voulez que les gens apprennent quelque chose ? Enseignez-le-leur ! Vous voulez qu’ils apprennent plus ? Enseignez-leur plus ! Et encore plus ! Faites-les travailler plus. Entraînez-les plus longtemps.

Mais l’apprentissage est un processus qu’on suit, pas un processus qu’on nous inflige! C’est vrai pour tout le monde. C’est basique.

"École d'Aristote", Gustav Adolph Spangenberg (1880)

« École d’Aristote », Gustav Adolph Spangenberg (1880)

Qu’est-ce qui fait que les gens apprennent ? La question est amusante. Il y a plus de deux-mille ans, Aristote débutait le plus important de ses ouvrages avec cette réponse qui est acceptée de manière universelle : « Les êtres humains sont naturellement curieux ». Descartes l’a formulé de manière un tout petit peu différente, aussi en ouverture de son œuvre majeure : « Je pense donc je suis ». Apprendre, penser, utiliser son esprit activement, c’est l’essence de l’humanité. C’est naturel.

Ça l’est même encore plus que les grandes pulsions – la faim, la soif, le sexe. Quand on est absorbé par quelque chose – le mot clé est « absorbé » – on oublie toutes les autres pulsions jusqu’à ce qu’elles nous accablent. Même les rats le font, comme on l’a découvert il y a bien longtemps.

Qui pourrait imaginer forcer les gens à manger, boire ou avoir des relations sexuelles (bien sûr je ne parle pas de ceux qui ont une invalidité qui affecte spécifiquement leurs pulsions ; tout comme ce que j’écris ici au sujet de l’éducation n’est pas censé s’appliquer à ceux qui ont un handicap mental particulier qui requiert un traitement clinique spécial) ? Personne ne pousse le visage de qui que ce soit dans des bols de nourriture, toutes les heures, pour être sûr qu’ils mangent ; personne n’enferme qui que ce soit avec leur partenaire, huit fois par jour, pour être sûr qu’ils s’accouplent.

Ça vous paraît ridicule ? Que dire alors de l’idée même de forcer les gens à faire ce qui leur vient le plus naturellement, par-dessus tout ? Et tout le monde sait à quel point cette écrasante curiosité est généralisée. Tous les livres sur l’éducation des enfants s’efforcent à instruire les parents sur les manières d’empêcher leurs enfants de mettre leur nez dans certaines choses — en particulier à partir du moment où ils sont mobiles. On ne passe pas notre temps à pousser nos enfants d’un an à explorer. Au contraire, on s’arrache les cheveux pendant qu’ils mettent nos maisons sens dessus dessous, on cherche des moyens pour les atteler, les emprisonner dans des parcs de jeux d’enfants. Et plus ils grandissent, plus ils font de « bêtises ». Avez-vous déjà vu un enfant de dix ans ? Ou un adolescent ?

On va à l’école pour apprendre. Pour qu’une personne apprenne, il faut la laisser tranquille et lui donner du temps. Quand elle a besoin d’aide, elle doit pouvoir l’obtenir, si on veut que son apprentissage procède à son rythme naturel. Mais qu’on ne s’y trompe pas : si une personne est déterminée à apprendre, elle surmontera tout obstacle et apprendra malgré tout. Donc il ne faut pas aider ; l’aide ne fait que rendre le processus un petit peu plus rapide. Surmonter les obstacles est l’une des activités principales de l’apprentissage. Ça ne fait pas de mal d’en laisser quelques uns.

Mais si on dérange la personne, si on insiste pour que la personne interrompe son apprentissage naturel et fasse ce qu’on veut qu’elle fasse à la place entre 9h et 9h50, puis entre 10h et 10h50 etc., non seulement la personne n’apprendra pas ce qu’elle a la passion d’apprendre, mais en plus elle vous détestera, détestera ce qu’on lui impose et perdra tout goût pour l’apprentissage, du moins temporairement.

À chaque fois que vous pensez à une classe dans une de ces écoles, imaginez que le professeur est en train de forcer des épinards, du lait, des carottes, des choux de Bruxelles (toutes ces bonnes choses) à entrer dans la gorge de chaque étudiant avec une baguette géante.

Sudbury Valley laisse ses étudiants tranquilles. Point. Pas de peut-être. Pas d’exception. Nous aidons si nous le pouvons quand on nous le demande. Nous ne nous mettons jamais dans le chemin. Les gens viennent ici principalement pour apprendre. Et c’est ce qu’ils font tous, chaque jour, toute la journée.

Bases professionnelles

Les aspects pratiques de l’école viennent toujours en second, après « apprendre ». En réalité, la plupart des gens s’en foutent un peu de ce que leurs enfants ou eux apprennent à l’école, ou combien ils apprennent, tant qu’ils sont capables d’avoir une brillante carrière ou d’obtenir un bon emploi, c’est-à-dire de l’argent, un statut, une ascension. Plus l’emploi est bon, plus l’école à laquelle on est allé était bonne.

C’est pourquoi Phillips Andover, ou Harvard, sont si bien classés. Les diplômés de Harvard démarrent de très haut sur l’échelle hiérarchique de toutes les professions. Ils en sont reconnaissants et quand ils grandissent, ils perpétuent cela en donnant ce qu’ils ont de meilleur à offrir aux nouveaux diplômés de Harvard qu’ils engagent, et en faisant de grandes donations à Harvard. Et c’est pareil pour Yale, Dartmouth et tous les autres.

Olu Eletu, via Unsplash

Alors quel genre d’école est la plus susceptible aujourd’hui, à la fin du vingtième siècle (NdT : l’article ne date pas d’hier), de préparer au mieux un étudiant pour une bonne carrière ?

Nul besoin de se prendre la tête pour répondre. Tout le monde écrit à ce sujet-là. Nous sommes à l’ère post-industrielle. L’ère de l’information. L’ère des services. L’ère de l’imagination, de la créativité et de l’esprit d’entreprise. L’avenir appartient à ceux qui peuvent assouplir leur esprit afin de lui permettre de traiter, modeler, façonner, organiser, jouer avec de la nouvelle matière, de la vieille matière, des nouvelles idées, des vieilles idées, des nouveaux faits, des vieux faits.

Ce genre d’activités n’a pas lieu dans l’école moyenne, même sur une base parascolaire. Et encore moins toute la journée.

À Sudbury Valley, ces activités sont, d’une certaine manière, tout le programme.

Ça semble irréaliste ? Peut-être à travers des yeux non-formés. Mais l’histoire et l’expérience sont de notre côté. Comment sinon expliquer le fait que tous nos diplômés, sans exception, qui désirent aller à l’université ou en haute école y sont toujours admis, et en général à l’école de leur premier choix ? Sans relevé de notes, sans dossier, sans bulletins, sans recommandation orale ou écrite de la part de l’école. Qu’est-ce que les coordonnateurs des admissions voient dans ces étudiants ? Pourquoi les acceptent-ils ou souvent, les attrapent-ils ? Pourquoi ces administrateurs formés, pataugeant dans les 20/20 de moyenne, les lettres éclatantes des professeurs, les excellents résultats aux tests SAT – pourquoi prennent-ils des diplômés de Sudbury Valley ?

Bien sûr, vous connaissez la réponse, même si elle est difficile à admettre ; ça va tellement à l’encontre du courant général. Ces professionnels formés ont vu en nos étudiants des esprits brillants, vifs, confiants, créatifs. Le rêve de toute école avancée.

Les archives parlent d’elles-mêmes. Nos étudiants pratiquent une variété énorme de professions (ou sont dans des écoles terriblement variées, dans le cas de nos diplômés plus récents). Ce sont des médecins, des danseurs, des musiciens, des hommes et femmes d’affaires, des artistes, des scientifiques, des auteurs, des mécaniciens automobiles, des charpentiers… Nul besoin de continuer. Vous pouvez les rencontrer si vous voulez.

Si quelqu’un m’abordait aujourd’hui pour me demander simplement : « À quelle école devrais-je envoyer mon enfant si je veux être sûr qu’il aient les meilleures chances d’avancement professionnel dans le domaine de son choix ? », je lui répondrais sans la moindre hésitation : « La meilleure du pays pour remplir cet objectif, c’est Sudbury Valley ». Hélas pour le moment c’est le seul type d’école dans ce pays à le faire, avec un regard tourné vers l’avenir.

Bases morales

Là, on en vient à un sujet sensible. Les écoles devraient produire de bonnes personnes. C’est d’une platitude. Évidemment, on ne veut pas que nos écoles produisent de mauvaises personnes.

Comment produire de bonnes personnes ? Il est là, le hic. Je n’hésiterai pas à dire que personne ne connait la réponse, du moins d’après ce que je vois autour de moi. Mais nous connaissons au moins une chose à ce sujet. Nous savons, et ce (encore une fois) depuis l’antiquité, l’ingrédient absolument essentiel à l’action morale ; l’ingrédient sans lequel l’action est au mieux amorale et au pire immorale.

Cet ingrédient est la responsabilité personnelle.

Tout comportement étique la présuppose. Afin d’être éthique, on doit être capable de choisir une voie et d’accepter une totale responsabilité pour ce choix, et pour ses conséquences. On ne peut pas affirmer être un instrument passif du destin, de Dieu, ou d’autres hommes, ou de la force majeure ; une telle affirmation rend instantanément toute distinction entre bien et mal inutile et vide. L’argile qui a été façonné dans la plus belle des poteries ne peut revendiquer de vertu.

Jordan Ladikos, via Unsplash

L’éthique part de la thèse qu’un être humain est responsable de ses actes. C’est une donnée de départ. Les écoles ne peuvent pas changer ça ni l’atténuer. Par contre, les écoles peuvent soit l’admettre soit le nier.

Malheureusement, pratiquement toutes les écoles d’aujourd’hui choisissent de nier le fait que les étudiants soient personnellement responsables de leurs actes, même quand les dirigeants de ces écoles prêtent un intérêt de pure forme à ce concept. Le déni est triple : les écoles ne permettent pas aux étudiants de choisir entièrement leur plan d’action ; elles ne permettent pas aux étudiants d’adopter ce plan d’action, une fois qu’il a été choisi ; et elles ne permettent pas aux étudiants de porter les conséquences de ce plan d’action, une fois qu’il a été adopté. Liberté de choix, liberté d’action, liberté de porter les conséquences de l’action – ce sont les trois grandes libertés qui constituent la responsabilité personnelle.

Ce n’est pas un scoop que les écoles restreignent les libertés de choix et d’action, ça ressort de leur politique fondamentale. Mais est-ce que cela vous surprend que les écoles restreignent la liberté de porter les conséquences de ses actions ? Ça ne devrait pas vous étonner. L’idée que la psyché d’un étudiant subisse des dégâts dans la mesure où elle est secouée par les deux plaies que sont l’adversité et l’échec, est devenue une doctrine de l’éducation moderne. « Le succès attire le succès » est le mot de passe aujourd’hui ; encourager, éviter les contretemps décevants, la liste est longue.

Il n’est pas étonnant que nos écoles ne soient pas célébrées pour leur entrainement à l’éthique. Ils excusent leur échec en disant que l’éducation morale doit se faire à la maison. Bien sûr que c’est le cas. Mais est-ce que ça doit impliquer de l’exclure de l’école ?

Retour aux bases. À Sudbury Valley, les trois libertés fleurissent. La responsabilité incombe à chaque personne. La responsabilité est universelle, omniprésente, réelle. Si vous avez le moindre doute, venez voir l’école. Regardez les étudiants en action. Étudiez le système judiciaire. Assistez à une remise de diplôme, durant laquelle un étudiant doit convaincre une assemblée de pairs qu’il est prêt à être responsable de lui-même dans la communauté en général, comme il l’a été à l’école.

Est-ce que Sudbury Valley produit de bonnes personnes ? Je pense que oui. Et des mauvaises personnes aussi. Mais les bonnes et les mauvaises ont pratiqué la responsabilité personnelle pour leurs actions à chaque instant et réalisent qu’elles répondent entièrement de leurs actes. C’est ce qui distingue Sudbury Valley.

Bases sociales

Il y a un certain temps, il est devenu en vogue de demander à nos écoles d’assurer un suivi de l’acclimatation sociale des étudiants. De leur apprendre à bien s’entendre. De débarrasser notre société des inadaptés sociaux en s’attaquant au problème à la source, à l’école. Ambitieux ? Peut-être. Mais oh ! combien de gens se sont débattus avec des rapports de l’école au sujet de leur (in)adaptation sociale ou celle de leur enfant ! Étrange, n’est-ce pas, à quel point les gens ratent parfois ce qu’ils font ? Enfin, essayer de sociabiliser les gens est déjà assez difficile, mais les écoles semblent avoir créé, presque méthodiquement, des moyens  afin d’échouer à cet objectif.

Prenons la ségrégation par âge pour commencer. Quel est le génie qui a jeté un œil autour de lui et s’est mis dans l’idée que ça avait du sens de diviser nettement les gens par âge ? Une telle division prend-elle place naturellement quelque part ? Dans l’industrie, est-ce que tous les travailleurs de vingt-et-un ans travaillent séparément de ceux de vingts ans ou de ceux de vingt-deux ans ? En affaires, y a-t-il des pièces séparées pour les cadres de trente ans et ceux de trente-et-un ans ? Est-ce que les enfants de deux ans se tiennent à part de ceux de trois ans dans les plaines de jeu ? Où, mais où sur Terre est-ce que cette idée a été conçue ? Y a-t-il quelque chose de plus nuisible socialement que de séparer les enfants par année pendant quatorze – souvent dix-huit – ans ?

"Collegiens en rang, Vonjy Madagascar, Wikimedia Commons

Ou bien prenons la ségrégation fréquente par sexe, même dans les écoles mixtes, pour un certain nombre d’activités.

Ou l’énorme fossé entre enfants et adultes – avez-vous jamais observé à quel point il est universel pour les enfants de ne pas regarder les adultes dans les yeux ?

Et maintenant jetons un œil à la situation sociale créée pour les enfants à l’intérieur de leur propre groupe d’âge. Si les écoles rendent presque impossible pour un enfant de douze ans de se comporter de manière humaine normale face à des enfants de onze ans, des enfants de treize ans, des adultes, etc., qu’en est-il des autres enfants de douze ans ?

Aucune chance. Le mode de relation primaire, presque exclusive, favorisé par les écoles entre enfants de la même classe est la compétition ! La compétition féroce. L’ordre hiérarchique, c’est tout. Qui est mieux que qui, qui est plus intelligent, plus rapide, plus grand, plus beau – et bien sûr, qui est pire, plus idiot, plus lent, plus petit, plus laid.

S’il est un système bien conçu pour produire des inadaptés sociaux compétitifs, odieux, peu sûrs d’eux et paranoïaques, ce sont les écoles prédominantes.

Retour aux bases

Dans le monde réel, l’attribut social le plus important pour une société stable et saine, c’est la coopération. Dans le monde réel, la forme de compétition la plus importante est celle qui est contre soi-même, contre des objectifs définis par et pour une personne, pour le propre accomplissement de cette personne. Dans le monde réel, la compétition interpersonnelle pour la compétition est largement reconnue comme étant inutile et destructive – oui, même dans les grandes entreprises et dans les sports.

Dans le monde réel : Sudbury Valley, une école pour le monde réel.

Bases politiques

Nous prenons pour acquis le fait que les écoles devraient favoriser le civisme. L’éducation universelle dans ce pays en particulier (NdT : les États-Unis, dans le cas de l’auteur) a toujours gardé l’œil bien ouvert sur l’objectif de faire de nous tous de bons Américains.

Nous savons tous ce que représente l’Amérique. Les principes généraux en ont été clairement établis par nos pères fondateurs et constamment élaborés depuis.

Ce pays est une république démocratique. Pas de roi, pas de famille royale, pas de noblesse, pas de hiérarchie inhérente, pas de dictateur. Un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Pour les affaires politiques, la majorité l’emporte. Pas de taxation sans représentation.

Ce pays est une nation de lois. Pas d’autorité arbitraire, pas de gouvernement capricieux. Des procédures officielles.

Nations Unies

Ce pays est celui d’un peuple avec des droits. Des droits inhérents. Des droits qui nous sont si chers que nos ancêtres ont refusé de ratifier la constitution sans y ajouter une Déclaration de Droits par écrit et immédiatement.

En sachant tout ça, on s’attendrait – non, on insisterait (du moins logiquement) – à ce que les écoles, en entraînant leurs étudiants à contribuer de manière productive à la stabilité politique et à la croissance de l’Amérique soient :

  • démocratiques et non-autocratiques ;
  • gouvernées par des règles claires et des procédures officielles ;
  • les gardiennes des droits individuels des étudiants.

Un étudiant grandissant dans une école ayant ces caractéristiques serait prêt à entrer directement dans la société en général.

Mais les écoles, en fait, se distinguent par l’absence totale de chacune de ces trois valeurs américaines cardinales listées.

Elles sont autocratiques — toutes, même les écoles « progressives ».

Elles manquent de directives claires et sont totalement dépourvues de procédures officielles quand il s’agit de perturbateurs présumés.

Elles ne reconnaissent pas les droits des mineurs.

Toutes sauf Sudbury Valley, qui est fondée sur ces trois principes.

Je pense qu’il est raisonnable de dire que les libertés individuelles tant chéries par nos ancêtres et par chaque génération qui leur a succédé, ne seront jamais en sécurité tant que nos jeunes ne seront pas élevés dans un environnement scolaire qui incarne ces vérités américaines de base, et ce pendant toutes ces années cruciales formatives de leur esprit.

Retour aux bases

Ainsi voyez-vous, Sudbury Valley a été fondée en 1968 par des gens qui ont beaucoup réfléchi aux écoles, à ce que devraient être les écoles et à ce qu’elles devraient faire, à ce qui est à la base de l’éducation en Amérique aujourd’hui.

Nous sommes revenus aux bases. Et nous y sommes restés. Et nous avons jalousement protégé ces bases malgré toute tentative de les compromettre. Et nous et nos successeurs continuerons assurément de monter la garde.

La créativité intellectuelle, l’excellence professionnelle, la responsabilité personnelle, la tolérance sociale, la liberté politique – toutes sont les plus grandes créations de l’esprit humain. Ce sont des fleurs qui nécessitent un soin constant.

Tous ceux d’entre nous qui sont associés avec Sudbury Valley sommes fiers de contribuer à ce soin.

 

Daniel Greenberg
Traduction d’Antoine Guenet

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A propos de Antoine Guenet

Né en 1986. Père, musicien, professeur de musique depuis 10 ans, et beaucoup d'autres choses. Avec mon épouse Susan, j'ai décidé de lancer le projet d'ouvrir une école Sudbury de langue ouverte au centre de la Belgique.

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