Dans les coulisses… de notre réunion ouverte #1!


Pour ceux qui étaient là, et ceux qui ne l’étaient pas. (Pour tout le monde, quoi.)

 

16.30
Nous arrivons. L’Harmonium nous a préparé des tables, des chaises. « Combien de gens vont venir? », nous demandent-elles. Ben, on ne sait pas 🙂 « Il y a des gens qui ne se sont pas inscrits mais qui viennent (probablement) et puis il y a des gens qui sont inscrits depuis longtemps, et qui finalement ne viennent pas », leur dit-on. On a la trouille. On a peur. On est nerveux. Et si on se retrouvait tout seul? Si personne ne venait? Et si on ne savait pas répondre aux questions? Et comment sera l’atmosphère…

17.00
On place les tables. Les chaises tout autour. Ça devrait aller comme ça, non?
« Oui », dit Antoine, « parfait ! ». Bien.

17.05
Je demande à manger après 20 minutes d’hésitation entre tous les plats. Je choisis.
Florence revient : « Tu as demandé l’assiette salée, mais laquelle? »
Moi: « Il y en avait deux???… Bon, les crêpes salées alors. »
Florence : « D’accord. La petite où la grande assiette? ».
Même les toutes petites décisions me font stresser, bien qu’elles n’aient pas d’importance du tout! « La petite », dis-je. Je souffle…

17.20
Je mange, je calme mes nerfs (enfin, j’essaie!). Antoine est parti entretemps chercher un « copy-shop » pour imprimer des feuilles d’info à distribuer. J’avais fini ces feuilles juste à temps et les avais mises sur une clé USB qui trainait par hasard dans ma poche. Je reçois un SMS. « Imprimer en couleurs c’est ridiculement cher. Ça allait me coûter 40 € pour 25 copies donc j’ai décidé de le faire en noir et blanc : 9 € ». Bien, d’accord, bonne décision.

17.35
Antoine revient et dit : « Au fait, ce serait pas plus sympa de mettre les tables en carré? »
Susan : « AAAARGH, les gens vont arriver!!… Ok bon, je t’aide! »

17.50
On range tous les trucs qui trainent. On s’assied. La table est bien mieux comme ça. On se calme. On est heureux. On est excité.
Les premières personnes arrivent.
(OUF, LES PREMIERS GENS SONT LÀ! ON A DES GENS!!!)
Ils sont sympa, plutôt très sympa!
On discute un petit peu, on prend à boire, c’est chouette. Les nerfs s’en vont un tout petit peu avec ma bière (j’en bois rarement, mais là, j’en bois, et c’est bien efficace. C’est de la Silly, juste pour les curieux.)

18.00
On continue à discuter (parce qu’on arrête pas de parler juste parce qu’il est 18.00, si?)

On attend un peu d’être assez nombreux.
… On souffle …

On commence (je n’ai même pas regardé l’horloge).

Ensemble sur une montagne

Première chose : le tour d’introduction plutôt classique.
Je m’attends à quelque chose de tout à fait sec, informatif, formel, froid, mais utile pour savoir qui est qui et pourquoi ils sont venus. Antoine commence, je le suis.

Mais le choc total, c’est quand chaque personne à son tour raconte son histoire.

Pourquoi elle est là, quels sont son chemin, ses mauvaises expériences, ses craintes mais également sa joie, ses espoirs, sa vision. Tellement personnel, tellement vrai, tellement << pas froid du tout >>, tellement humain. À chaque personne qui ajoute son histoire, les larmes me montent davantage aux yeux. Ce sont des larmes de connexion, parce que je ressens ces histoires, je sens qu’on est sur la même longueur d’onde. Ça fait énormément du bien (même si ça aussi, ça me fait un peu peur!). L’idée qu’avant ce soir on ne se connaissait pas du tout et là, après à peine un quart d’heure cette expérience tellement profonde m’amène déjà aux larmes. Tellement nécessaire. Quelle ‘synchronicité’, pour ceux à qui ça parle…
Je commence enfin à comprendre cette nervosité soudaine qui m’a surprise et qui apparaissait lors des heures avant la réunion. Elle était là parce que ce projet, c’est plus important que tout, pour moi. Mais pendant que j’écoute ces mots, ces histoires qui me vont droit au cœur, je comprends que je ne suis pas seule à y attacher une telle importance. Même si je ne sais pas quel sera le rôle que jouera chacune de ces personnes dans ce projet d’École Autonome, je ressens un lien entre nous tous. L’envie, le besoin de faire les choses différemment, de rendre la vraie vie à nos enfants, aux enfants de notre monde. Et étonnamment, plusieurs de ces personnes réunies autour de cette table (en configuration 2.0, c’est vraiment mieux comme ça, bien vu, Antoine!) sont prêtes à être dans l’action concrète, et sont même demandeuses, afin de réaliser cette école avec nous!
Le stress fait place à la joie, l’émerveillement, la reconnaissance…

Bref…
ÇA c’était l’introduction.
Que dire après tout ça???

Susan : « Waouh… On commence la réunion alors? »
On explique comment ça marche ce truc de ‘réunion ouverte’. Quand tu veux parler, tu lèves la main, une autre personne note l’ordre des levers de mains. Tout le monde prend le temps qu’il veut, personne ne sera interrompu.
Et là c’est parti.
Qu’est-ce qui s’est passé?
Il y avait, sans ordre particulier, des questions et des conversations sur des aspects philosophiques ainsi que pratiques. On a parlé entre autres mais certainement pas exclusivement des choses typiques, bien sûr, comme…

  • la philosophie de base de l’école Autonome et du modèle Sudbury
  • l’apprentissage en général et surtout l’apprentissage autonome
  • plein de ressources (qu’on a noté sur une feuille et puis mis sur ordi pour ceux qui veulent)
  • les besoins concrets de notre projet pour pouvoir avancer
  • pleins d’autres choses… (beaucoup trop pour en faire une liste en fait)

… mais l’énergie, la concentration, l’engagement, la volonté d’avancer, de concrétiser, … Nous n’avions jamais imaginé dans nos rêves les plus fous que nous verrions aujourd’hui dans cette petite salle les qualités les plus nobles de l’espèce humaine, toutes réunies pour faire de ce projet d’école une réalité!

Donc pour résumer d’une façon un brin moins épique, à la fin de la soirée le sentiment était clair : cette école doit se faire, et on la soutient tous, à notre manière, et on fera le nécessaire et ce qu’on peut pour que cette école voie le jour (glorieusement! Ha! Je ne pouvais pas m’en empêcher 😉 ).

Enfin, merci à toutes et à tous.
Futurs parents motivés pour donner toute leur confiance à leurs enfants et à cette école, futur staff passionné, mais surtout, à l’instant présent : vous tous qui nous soutenez d’une manière ou d’une autre.
Le soutien pratique (conseils, contacts, travail direct avec nous, etc.) mais également le soutien émotionnel (partager, en parler avec enthousiasme, vos gentils mots, …) sont inestimables pour nous. Simplement merci…

… et à la prochaine !

G R O S  B I S O U S
– Susan

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A propos de Susan Clynes

Née en 1988. Mère, musicienne, professeur de chant, piano & composition depuis 10 ans. Avec mon mari, Antoine, on a décidé d'ouvrir une école Sudbury au centre de la Belgique, ouvrant ses portes en septembre 2016.

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